Quelques commentaires sur le film de Danny Boyle, Sunshine.

J'ai apprécié de voir qu'une attachée de presse a bien fait son travail, c'est-à-dire a un peu regardé à quel média elle s'adressait avant de le faire. Elle a ainsi contacté le journal parce qu'elle pensait qu'il y avait suffisamment de sciences dans le film de science-fiction Sunshine (sorti hier 11 avril) pour nous intéresser. Bravo !
Le problème c'est qu'il y a plus de science dans le dossier de presse que dans le film... En effet, c'est le dossier de presse qui explique pourquoi notre Soleil set en train de mourir. De mystérieuses particules (baptisées Q-balls), présentes dans des versions assez exotiques des dernières théories de physique, ont frappé notre étoile et lui grignotent son énergie. C'est encore le dossier de presse qui met en avant Brian Cox, physicien au Cern, conseiller du réalisateur et guide du héros pour une visite sur son lieu de travail dans le temple de la physique. C'est toujours le dossier de presse qui nous détaille la nature de la bombinette que les astronautes doivent larguer au coeur du Soleil pour le ranimer (en gros une bombe nucléaire). Mais finalement cette carence de science  à l'écran n'est pas grave. Au contraire, cela nous épargne de longs exposés scientifiques qui en l'occurrence seraient ici hors sujet. Car peu importe que le scénario soit plausible pour suivre cette histoire assez haletante (mais peut être classique pour les amateurs du genre). En tous cas, c'est sans doute la première fois que le Soleil est le véritable héros d'un film. Evidemment, il donne la vie. Mais c'est aussi lui qui tue. Et c'est encore lui qui rend fou. Il est comme un Dieu mais il faut le sauver. Boyle est fasciné par son héros. Il joue avec la lumière, l'ombre, les reflets, la chaleur... On en a plein les yeux. Non content de ces effets réussis, aux deux tiers du film, Boyle change complètement d'esthétique suite à un rebondissement qu'il vaut mieux taire pour garder intact le suspens. Disons quand même que comme le laissait entendre l'astronaute physicien, le temps et l'espace n'ont plus grand sens au moment de l'explosion ultime.

(*)Je suis sûr que beaucoup de critiques ont déjà fait ce jeu de mot