Les doctorants ne cessent de se plaindre de leur mauvaise rémunération mais nous avons dû refuser leur aide parce qu'ils coûtent trop chers... Explications
Il y a quelques jours, au journal, nous avons reçu un message d'une doctorante nous proposant ses services, payants, dans le cadre du dispositif doctorant-conseil du ministère (voir ici) : "études bibliographiques, informations scientifiques, propositions de sujet porteur en ce moment, aide à la rédaction d'article".
Problème, nous, les journalistes on fait pas de biblio, on paye pas les informations, on suit pas les modes et on n'aime pas qu'on nous aide à rédiger nos articles (j'exagère bien sûr) ! Donc, aucune chance, na.
Mais surtout, ce qu'ignorait cette candidate c'est que la presse est pauvre... La facture se serait élevée à 350 euros/jours pendant un mois et demi... C'est trois-quatre fois moins qu'un journaliste ici (estimation au doigt mouillé car je n'ai pas compris si c'était brut ou net). Evidemment il s'agit plutôt d'un tarif de consultants. Certes l'entreprise peut mettre cette somme au compte du crédit impôt recherche, sauf qu'un journal va avoir du mal à dire qu'il fait de la recherche (quoique j'ai trouvé des trucs bizarres dans les chiffres dans un billet précédent). Alors nous avons dû refuser la venue de cette jeune doctorante...
Précisons tout de même que le doctorant ne touche pas toute cette somme, qui est versée par l'entreprise à l'université. Il ne touchera qu'environ 4000 euros (en douze mensualités ! pour qu'il n'attrape pas la grosse tête sans doute). Le "reliquat" est empoché par l'université pour différents frais de gestion (recherche des candidats correspondant à la mission, établissements des contrats, coût de formation spécifique du doctorant-conseil...).
Un instant j'ai crû aussi à un tour-de-passe-passe du ministère. Celui-ci a annoncé une aide de 2.8 millions d'euros pour financer 500 postes de doctorants conseils (soit donc 5600 euros/poste environ). Mais comme les entreprises payent grosso modo plus que cela, j'ai pensé que c'était encore des "millions fictifs" pour la recherche ; l'opération se révélant "blanche" pour le minsitére. Finalement, il semble que ces millions soient bien réels et qu'ils seront vraiment versés pour amorcer le dispositif. En revanche, ils ne seront peut être pas renouvelés l'an prochain...
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Commentaires
Re: Très chers doctorants
par
blop
le lun 30 jun 2008 07:16 CEST | Lien permanent
J'imagine que c'est 3 ou 4 fois PLUS que ce que vous gagnez.
A part ca, 2700 euros/mois pour un doctorant (moins les charges ?), c'est certainement plus que ce qu'il gagne normalement. Et puis surtout, si vous payez 10000 euros (350x30) et que le doctorant en touche 2700, ca fait quand meme 6300 euros de surcharge. Est-ce que l'universite ne surevaluerait pas un petit peu sa prestation sur ce coup-la ? Re: Re: Très chers doctorants
par
Sylvain Collonge
le lun 30 jun 2008 10:34 CEST | Lien permanent
Petit rectificatif : si une mission de doctorant-conseil est facturée à 350€ jour (HT). Pour 30 jours, on atteint en effet les 10000€ (HT). Là dessus, il y a exactement 5500 € qui partent pour la rémunération complète du doctorant (y compris cotisations sociales et patronales). Il reste donc 4500 € pour l'université.
Re: Re: Re: Très chers doctorants
par
blop
le mar 01 jui 2008 05:17 CEST | Lien permanent
A vu de nez, il reste encore 300 euros nets pour le doctorant, ce qui est bien superieur a leur remuneration habituelle...
Et puis les "overhead" (j'ai oublie la traduction francaise) reste quand meme de 45%, ce qui est enorme vu que l'universite ne fournit pratiquement rien Rétroliens
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