Deux romans ont en commun de choisir la science dure (maths et physique quantique) comme coeur de leur sujet. Avec des fortunes diverses.
Le premier de ces livres, la conjecture de Syracuse (Antoine Billot, Gallimard), est simple à résumer. A la fin de sa carrière, un prof de maths d'université se retrouve confronté doublement à son passé. Un jeune étudiant, petit fils d'un algérien torturé dans sa jeunesse par l'universitaire, vient présenter à son université un travail montrant que ce qui avait bâti la réputation du professeur est faux...
Le défaut du livre est qu'il n'y a pas grand chose d'autre que ce fil (pratiquement décrit en quatrième de couverture) pour faire tenir l'ensemble. En outre, tout s'enchaîne de manière assez prévisible. Néanmoins, j'ignorais ce qu'est la conjecture de Syracuse, toujours non démontrée d'après Wikipedia.
Le second roman, l'ultime question (Juli Zeh, Actes Sud) est plus ambitieux et complexe. Le résumer aussi brièvement que le précédent est impossible. Disons que deux physiciens amis vont tenter de confronter leur vision de la mécanique quantique autrement que par la pensée. C'est-à-dire dans le monde réel. Le choc entre l'interprétation de Copenhague et celle des univers multiples fera des dégâts. D'où la présence de deux commissaires aussi bizarres que les deux physiciens, et d'un cadavre en deux morceaux. Le roman n'est cependant pas un polar. L'auteur a plutôt essayé d'écrire un livre... quantique ; un objet en accord avec son sujet... On mesure l'ambition ! Ainsi le lecteur se demande parfois si les scènes qu'il lit ont bien eu lieu. Il hésite entre plusieurs versions d'une même histoire. Plus que l'intrigue c'est sans doute cette volonté d'écrire quelque chose qui ne ferait pas que décrire mais qui incarnerait véritablement la bataille entre les deux physiciens, qui a dû motiver l'auteur (non scientifique mais très connue en Allemagne et dont le précédent livre, la fille sans qualités, est présenté comme un best-seller par l'éditeur).
Il faut croire que l'auteur était en verve car elle a ajouté tout un tas d'autres éléments stylistiques plus ou mois réussis pour enrichir sa trame (beaucoup de digressions animalières par exemple). Au final, cela donne d'excellents moments (tendus, drôles, émouvants...) mais je ne suis pas certain d'avoir tout saisi... Autant grâce à Antoine Billot le lecteur apprendra ce qu'est la conjecture de Syracuse, autant il ne faut pas croire que grâce à Juli Zeh, il maîtrisera la mécanique quantique. Toutefois l'essai mérite de s'y plonger.
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Commentaires
Re: La science en roman
par
Flender Marc
le jeu 08 jan 2009 01:03 CET | Lien permanent
je conseille aussi la lecture de "Oncle Petros et la conjecture de Goldbach" de Apostolos Doxiadis.
voir http://www.livres-online.com/Oncle-Petros-et-la-conjecture-de.html Re: La science en roman
par
AlexM
le sam 31 jan 2009 08:44 CET | Lien permanent
J'ai lu le premier livre et suis assez d'accord, les mathématiques sont simplement présentes pour construire un personnage, d'ailleurs peu sympathique ; mais l'ensemble se lit bien. J'y ai appris ne chose, c'est que la conjecture de Syracuse (aussi connue sous le nom de conjecture de Collatz) tire son nom de Syracuse, N.Y. et non de la ville sicilienne !
100% d'accord avec le premier commentaire : Oncle Petros... est pour moi un très bon roman scientifique. Rétroliens
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