Les conférences de presse fournissent parfois des informations inattendues.

C'est la crise. La France a peur. Ses chefs lancent des plans de relance. Même le ministère de la recherche est concerné. Le 3 février, il a donc révélé son plan.
Et sur quoi vont pleuvoir les millions annoncés ? La sécurité et la Défense ! Et oui, sur les 220 millions supplémentaires pour des plans de recherche spécifiques, la moitié ira aux "technologies de Défense" ! (le slide ministériel précise exactement "pour "booster" la recherche sur les technologies de Défense"). Quelle époque...
Quant aux 398 millions supplémentaires pour l'université une bonne partie ira à "la mise en sécurité" des campus. Certes il s'agit moins de planter des caméras de surveillance partout que d'éviter qu'une cage d'ascenseur ne tombe sur un étudiant ou qu'un mur ne s'effondre, mais cela en dit long sur l'état des universités... Et sur la prise de conscience un peu tardive par nos responsables politiques.

Autres enseignements rapides :
-les crédits pleuvent aujourd'hui mais pas forcément demain. Une bonne partie des mesures sont en fait des financement prévus sur plusieurs années qui sont "simplement" anticipés (crédit impôt recherche remboursé en un an au lieu de trois ; contrat plan Etat région anticipé...). La novlangue gouvernementale parle "d'accélération". Certes ces crédits feront du bien (au BTP au moins) mais dans trois-cinq ans, est-ce que le gouvernement ne sera pas enclin à dire que tout a déjà été versé ?

-le crédit impôt recherche profite aux plus gros. Le remboursement anticipé (3.8 milliards d'euros !) bénéficiera à 5000 entreprises dont 90% de PME, selon les estimations du ministère. Mais en volume, ces PME ne récupèrent "que" 35% (chiffres communiqués après le point presse). Bref, 90% des bénéficiaires se partagent 35% quand 10% des bénéficiaires auront 65% du gâteau...

-un plan de relance doit en jeter : 6 écrans LCD de plus de 72 cm de diagonale, une présentation powerpoint, pour une vingtaine de journalistes...

-Après la loi qui est votée après être appliquée (cf l'audiovisuel), voici la loi qui a besoin de décrets, qui eux mêmes ont besoins d'une "charte"... Le décret changeant les statuts des enseignants chercheurs étant contesté, Valérie P. a décidé de l'assortir d'un mode d'emploi pour "rassurer" les personnels. Ne vaudrait-il pas mieux retirer ces décrets et les réécrire ?

-Je n'ai pas eu le temps de poser une question : pourquoi attendre la crise pour se rendre compte que les amphis, les bibliothèques, les bâtiments, les chambres sont mal en point ?