Il est rare que les journalistes puissent mesurer l'impact de leur travail. En voici pourtant un petit exemple.

Le jeudi matin 25 juin paraissait une actualité exclusive sur le site Internet de Sciences et Avenir (dont l'adresse est subtilement redirigée vers celle du nouvelobs.com).
Il s'agissait de la mise en ligne de la première carte des sites web français (et de quelques autres pays en Europe continentale) se situant à l'interface science et société.

Aussitôt, des abonnés au fil RSS, le mentionnent sur Twitter (*), en pointant le plus souvent sur l'actualité de Sciences et Avenir. Un bioinformaticien, Yokofakun, le directeur de Linkfluence 
Guilhem Fouettillou que certains de ses suiveurs reprennent (ici ou ). Enfin, Hubert Guillaud s'y met aussi et surtout lance le débat sur Friendfeed. En passant, l'épisode montre que la presse peut encore battre Twitter, yek, yek.

En revanche, petite déception, car le débat aurait très bien pu se situer en commentaire sur notre site, snif, snif ! Heureusement on s'est rattrapé sur l'évolution quelques jours plus tard.

Le même jour, les responsables du ministère chargés de ce travail découvrent que c'est en ligne et leurs oreilles sifflent un peu. Un bogue a mal nommé le site portail du ministère, pourtant très central dans la carte... Ce sera corrigé. En outre, d'autres institutions les auraient appelées pour en savoir plus sur cette carte dont ils ignoraient l'existence (et qui ne les placent pas au top).

L'article aura donc contribué à améliorer le produit. Voilà le pouvoir de la presse démontré !
Il aura aussi permis de pointer quelques biais du travail. Par exemple, l'influence de la culture des auteurs de la carte sur les résultats : certains sont plus "universitaires", d'autres plus "centres culturels". Ou encore l'effet de la contrainte de ne pas dépasser 200 sites (La France est pénalisée car lors d'un précédent travail ce sont plutôt 20000 sites qui avaient été recensés...). Ou, enfin, des "problèmes techniques" qui ont écarté le Cea et le Cnrs en tant que tel (car des sites trop génériques) ou Sciences et Avenir (voir l'actualité) !
Bref, c'est le branle-bas de combat dans le web (toute proportion gardée...).

Pour conclure, je tiens à dévoiler mes sources...
J'ai entendu parler du projet EuroSis grâce au site de l'association vivagora qui mentionnait que les cartes seraient présentées à une conférence. J'ai alors contacté l'un des responsables de webatlas, l'association qui développe des outils et des méthodes d'exploration du web, pour me parler du projet. Et pour en faire une actualité il fallait attendre la mise en ligne, qui peut être a été accélérée par l'intérêt que j'y montrais. Encore une influence de la presse !

*Merci à Enroweb pour les sources Twitter !