A force de vouloir montrer (très, très) vite le bien fondé de décisions, on en arrive parfois à aller plus vite que la musique. Petit exemple avec la ministre de la recherche.
Au détour d'un entretien dans le journal le Monde du 17 juin, on découvre la formidable efficacité d'une mesure récente du ministère de la Recherche. "L'Alliance des sciences de la vie a permis d'accélérer de manière extraordinaire les travaux sur la grippe H1N1 : grâce à elle on estime à six mois le temps gagné sur ces recherches". Un peu comme dans la guerre des Etoiles, l'alliance vaincra (le péril est peut être un peu moindre que dans le film) ! Contrairement à la fiction cette alliance existe. Elle est née officiellement le 8 avril 2009, soit deux mois avant la péroraison ministérielle dans le Monde. Mais un mois et demi seulement avant que le virus ne soit signalé (à partir du 24 avril, on commence à compter les cas mexicains), et cinq semaines avant le séquencage du virus (pas par l'Alliance !). Aussitôt née, l'alliance a donc fait gagner six mois sur les recherches... Trop fort.
Pour en savoir plus j'ai appelé le ministère pour savoir qui est ce "on", auteur de cette estimation. Quelques jours après on me rappelle. La réponse ? "On voudrait vous signaler que nous organisons mi-juillet un déplacement à Lyon pour évoquer ces questions et faire des annonces", me répond-on, légèrement hors sujet. En fait je comprends que la tirade de juin était un peu anticipée mais qu'en juillet on allait voir ce qu'on allait voir. Mon interlocutrice me souffle même qu'il y aurait des annonces sur les...moyens. Alléchant. Hélas je ne serai pas là pour ce nouveau son de trompette.
L'anecdote révèle plusieurs choses.
L'action d'un ministre pour être mesurable doit être visible. Pour être visible doit être neuve(quitte à casser l'ancien). Voire éblouissant (c'est de l'esbrouffe, non ?).
L'alliance (de son nom complet : L’Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé qui regroupe huit acteurs de la recherche) est en fait très critiquée par les chercheurs car elle est un moyen possible de "sortir" les sciences de la vie du Cnrs. Le modèle devrait s'étendre à l'énergie et à l'informatique. Un autre argument contre, que la ministre confirme, est que cette alliance va faire de l'appliqué plutôt que du fondamental. L'idée de "gagner du temps" est bien dans cet esprit.
L'autre révélation est que le ministère est un gros pourvoyeur de rumeur, lui aussi. Or ce même ministère dans le récent conflit avec les universitaires se défendait souvent en disant que les personnels faisaient circulaient des rumeurs sur les décrets... Ces derniers ne faisaient en général qu'analyser et anticiper des risques. La ministre fait pire, faisant vraiment dans la fantaisie.
Enfin, dans une intervention précédente le 15 juin devant le Conseil scientifique du Centre national de la recherche scientifique, la ministre a anticipé sur une autre réussite de l'Alliance."L'Alliance a déjà commencé à influencer la programmation de l’ANR". En d'autres termes, les organismes de recherche (Cnrs, Cea, Inserm...) qui avait perdu leurs prérogatives de financement au profit de l'ANR reviennent dans le jeu via l'Alliance ! Si ça continue l'ANR, qui devait être indépendante, ne va donc plus obéir qu'à ceux qu'elle finance. Est-ce bien la volonté du ministére ?!?
P.S: Pécresse continue de nous faire rire. Dans le Figaro du 9 juillet, elle aurait plaidé pour "un saut quantique majeur" sur les thématiques jugées prioritaires. A priori ça va mettre ces priorités dans un état excité dont elles ne pourront que redescendre très vite...
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Jeudi 9 Juillet
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alasource
le jeu 09 jui 2009 10:33 CEST
Vendredi 3 Juillet
par
alasource
le ven 03 jui 2009 11:07 CEST
Il est rare que les journalistes puissent mesurer l'impact de leur travail. En voici pourtant un petit exemple.
Le jeudi matin 25 juin paraissait une actualité exclusive sur le site Internet de Sciences et Avenir (dont l'adresse est subtilement redirigée vers celle du nouvelobs.com). Il s'agissait de la mise en ligne de la première carte des sites web français (et de quelques autres pays en Europe continentale) se situant à l'interface science et société. Aussitôt, des abonnés au fil RSS, le mentionnent sur Twitter (*), en pointant le plus souvent sur l'actualité de Sciences et Avenir. Un bioinformaticien, Yokofakun, le directeur de Linkfluence Guilhem Fouettillou que certains de ses suiveurs reprennent (ici ou là). Enfin, Hubert Guillaud s'y met aussi et surtout lance le débat sur Friendfeed. En passant, l'épisode montre que la presse peut encore battre Twitter, yek, yek. En revanche, petite déception, car le débat aurait très bien pu se situer en commentaire sur notre site, snif, snif ! Heureusement on s'est rattrapé sur l'évolution quelques jours plus tard. Le même jour, les responsables du ministère chargés de ce travail découvrent que c'est en ligne et leurs oreilles sifflent un peu. Un bogue a mal nommé le site portail du ministère, pourtant très central dans la carte... Ce sera corrigé. En outre, d'autres institutions les auraient appelées pour en savoir plus sur cette carte dont ils ignoraient l'existence (et qui ne les placent pas au top). L'article aura donc contribué à améliorer le produit. Voilà le pouvoir de la presse démontré ! Il aura aussi permis de pointer quelques biais du travail. Par exemple, l'influence de la culture des auteurs de la carte sur les résultats : certains sont plus "universitaires", d'autres plus "centres culturels". Ou encore l'effet de la contrainte de ne pas dépasser 200 sites (La France est pénalisée car lors d'un précédent travail ce sont plutôt 20000 sites qui avaient été recensés...). Ou, enfin, des "problèmes techniques" qui ont écarté le Cea et le Cnrs en tant que tel (car des sites trop génériques) ou Sciences et Avenir (voir l'actualité) ! Bref, c'est le branle-bas de combat dans le web (toute proportion gardée...). Pour conclure, je tiens à dévoiler mes sources... J'ai entendu parler du projet EuroSis grâce au site de l'association vivagora qui mentionnait que les cartes seraient présentées à une conférence. J'ai alors contacté l'un des responsables de webatlas, l'association qui développe des outils et des méthodes d'exploration du web, pour me parler du projet. Et pour en faire une actualité il fallait attendre la mise en ligne, qui peut être a été accélérée par l'intérêt que j'y montrais. Encore une influence de la presse ! *Merci à Enroweb pour les sources Twitter ! Lundi 29 Juin
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alasource
le lun 29 jun 2009 10:30 CEST
Un petit effet peut avoir de grands conséquences.
Blaise Pascal, au 17ème siècle, avait découvert comment faire sauter le bouchon d'un tonneau rempli d'eau, presque sans rien faire. Il suffit d'ajouter par en haut et par un mince tuyau de l'eau supplémentaire. La force exercée étant proportionnelle à la surface et la pression dépendant de la hauteur d'eau, il est possible d'exercer une force poussée sur le bouchon. Au point de le faire sauter ! C'est une expérience de physique amusante souvent réalisée au lycée (voir une video). Ce peut être aussi un phénomène à éviter. Des chasseurs de neutrino d'une nouvelle expérience baptisée Double Chooz (prononcer "Double Cho") devront faire très attention lorsqu'ils vont remplir leur piège à particule, une grande cuve de sept mètres de haut et de diamètre. La cuve est en fait constituée de quatre compartiments contenant des fluides différents. Les niveaux de liquide devront monter en même temps sinon les parois pourraient se déformer et fausser l'expérience... Résultat : le remplissage durera deux mois ! Mardi 16 Juin
par
alasource
le mar 16 jun 2009 18:10 CEST
Parmi les nombreux arguments contre la loi Hadopi, l'un était technique et revenait à dire que des solutions simples existaient pour télécharger anonymement. Des enfants de ministres savaient même le faire ! Exposé de quelques doutes...
Pour les lecteurs pressés, voici en substance un petit résumé de ce billet. Après "enquête", il ressort qu'il y a téléchargement et téléchargement. Les techniques dîtes de pairs-à-pairs (PAP) ne sont pas simples à utiliser anonymement. En revanche, celles par téléchargement direct, le sont. La troisième voie qui consiste à se joindre à un réseau privé d'amis (pairs-à-pairs ou non) paraît sûre sauf qu'il faut l'approvisionner en fichiers contrefaits... Quant au streaming, ce n'est pas du téléchargement au regard de la loi (pour l'instant car il est possible d'enregistrer les flux sur certains sites). Finalement, contourner Hadopi est "facile" mais pas avec les moyens majoritairement utilisés jusqu'alors (le pair-à-pair). Incidemment, oui il me paraît facile de surfer anonymement (mais à quoi ça sert !?!). "Explications". Avant les discussions sur la loi Hadopi, le téléchargement passait massivement par des réseaux de pairs-à-pairs (PAP) reposant pour les plus populaires sur les protocoles edonkey ou Bittorrent (chacun nécessite un logiciel différent pour interpréter ces protocoles (emule ou bitornado par exemple)). Par définition, ces protocoles (c'est-à-dire les règles de communication ente noeuds) font circuler en clair les IP des noeuds et en fait chaque noeud sait ce que telle IP demande ou possède (plus exactement si telle IP possède le fichier qui nous intéresse ; pour savoir ce que l'IP possède exactement il faut interroger tous les fichiers...(*)). Par conséquent il est facile aux ayants droits de repérer des contrevenants (sous réserve que les IP ne soient pas usurpées, que les fichiers soient intégralement sur le disque dur, que les fichiers ne soient pas des "faux" etc...). Dans ce cas, si j'ai bien compris ce qu'on m'a expliqué, je ne vois pas de solutions pour être anonyme sur ces PAP (**). Sauf à deux conditions : - que les protocoles soient modifiés (et on verra plus bas qu'il n'est pas si simple de faire du PAP garantissant l'anonymat) - utiliser un proxy ou un équivalent afin de rentrer sur le réseau avec une IP qiu n'est pas celle de son ordinateur mais celle d'un tiers. La seconde solution pourrait paraître facile mais en général elle est payante (cf le service proposé par The pirate Bay). Ce qui ne me dérange pas mais ce qui est un changement par rapport à la solution antérieure (et ce qui devrait interroger les plateformes payantes officielles et légales : le public est prêt à payer et considère que l'offre est meilleure sur des sites "amateurs" !). En outre, il faut faire attention car si les flux bittorent ou edonkey passent par là, ceux du mel, des login/mot de passe, carte bleue (certes cryptés) aussi... Or si l'on peut faire confiance à son FAI(?), peut-on avoir la même confiance avec un tiers qui par définition n'a pas pignon sur rue en France. Bien penser donc à ne réserver cette solution qu'aux activités illégales. et pas au reste. La première solution est très stimulante pour la recherche en informatique. Comment garantir l'anonymat sur un réseau pairs-à-pairs sans que les noeuds connaissent l'identité des autres. Réfléchissez, ça n'a pas l'air simple. Mais des informaticiens malins y sont arrivés ! Je confesse que je ne suis pas sûr d'avoir tout compris. En tous cas les protocoles sont différents de edonkey. Par exemple, Freenet est un réseau qui n'utilise pas l'IP comme identifiant mais un autre paramètre généré astucieusement (lire ça !!!). Les flux sont cryptés mais surtout les paquets circulent par rebonds pour brouiller les pistes. Le stockage des fichiers est distribué de telle sorte qu'en fait il est impossible de le supprimer du réseau ! A l'origine Freenet a été développé, non pas pour garantir l'anonymat, mais pour lutter contre la censure sur le Net. Une conséquence de ce prérequis est l'anonymat. Mais attention, Freenet fonctionne aussi sous deux modes, privé et public. Et l'anonymat n'est garanti que dans le premier cas. D'autres protocoles existent comme Tor par exemple qu'une extension Firefox permet d'utiliser (mais je n'ai pas essayé). Leur défaut est quand même de ralentir les téléchargements (mais ils n'ont pas été faits pour une grande échelle). Je ne classerai pas ces solutions dans les solutions faciles (il semble en revanche que les fournisseurs de fichiers contrefaits sachent les utiliser). Exit donc le PAP... D'autant que des pressions policières et judiciaires peuvent s'exercer sur les administrateurs de ces réseaux. On l'oublie souvent mais les protocoles bittorent et edonkey sont de faux PAP : ils ont besoin de "super pairs", c'est-à-dire des serveurs qui "orientent" les clients vers les pairs. Dans le cas de bittorent c'est pire car ces super-pairs appelés trackers ont a priori une copie du fichier à télécharger (en plus des IP du réseau) ! Récemment des administrateurs présumés d'un tracker privé, snowtigers, ont été arrêté en France. Coïncidence ou pas, un "concurrent", smartorrent, a remis en une de son site un avertissement appelant à désigner les fichiers contrefaits pour qu'ils soient retirés. Alors qu'est-ce qu'il reste ? Pas mal de choses (et d'autres viendront sûrement). Le téléchargement direct est possible. Une recherche google sur des sites comme rapidshare ou megaupload renvoie des liens sur lesquels on peut cliquer pour rapatrier un fichier. Il existe même là aussi des sites payants (ou des options payantes) ! Ce qui se développe aussi ce sont les réseaux privés : on fait appel à une société pour mettre en réseau ses amis (en fait on télécharge un logiciel et on s'inscrit, voire on ajoute des options payantes). Soit le serveur de ce tiers redirige les requêtes (peer2me par exemple), soit il ne sert qu'à donner un identifiant crypté (gigatribe). Dans tous les cas, sauf à ce qu'un traître s'invite, le partage de disques durs est anonyme. Ces réseaux peuvent aussi servir à accéder au Net (web, mel, ftp...) via ce serveur qui sert alors de proxy. Et puis il y a la solution du streaming, par définition anonyme (et en plus officiellement ce n'est pas du téléchargement). (*)Toujours si j'ai bien compris, a priori, quelqu'un téléchargeant une distribution Linux (ce qui est légal et même recommandé) ne devrait pas recevoir de mel d'avertissement. En effet, les entreprises chargées d'identifier des IP contrevenantes s'intéressent à certains fichiers, par définition contrefaits. (**)Même en feuilletant des revues "spécialisées" plutôt pratiques, j'ai l'impression qu'il n'y a pas trop de choix. Vendredi 5 Juin
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alasource
le ven 05 jun 2009 10:02 CEST
Prix.
Les physiciens Jean-Michel Courty et Edouard Kierlik ont reçu le prix Jean Perrin de popularisation de la science (ne cherchez pas sur le site de la Société française de physique, il n'est pas à jour...). C'est la récompense de leur travail passionnant dans Pour la Science pour décrypter les "lois du monde". Ou comment de la physique profonde peut se comprendre par les objets ou les situations du quotidien. Deux livres regroupent déjà ces chroniques (au départ il y avait aussi Roland Lehoucq). Rétractation dans Science. La revue scientifique a annoncé dans son numéro du 24 avril le retrait d'un article de 2005. Sans être exceptionnelle, l'histoire est passionnante. L'article a été retiré sans l'accord des auteurs (des coréens travaillant au Korea Advanced Institute of Science and Technology (KAIST) sur des méthodes de biologie cellulaire). Selon l'enquête du KAIST ce serait une sorte de fraude car les graphiques présentés ne correspondent à aucune donnée. Mais la méthode, qui a été brevetée, ne serait pas forcément remise en question !? Je vous invite à lire les autres détails croustillants dans les deux pages de Science (à me demander gentiment si vous n'y avez pas accès...) Abus juridique Un blogueur a reçu une incroyable mise en garde d'un avocat du fournisseur d'électricité, Direct Energie, pour avoir seulement mentionné le comportement assez cavalier de démarcheurs de cette entreprise se faisant passer pour des agents d'EDF (le billet en question ). Ce qui était mentionné dans beaucoup de médias. Et ce blogueur n'est pas le seul. Visiblement l'ouverture des marchés fait travailler plus le marketing et les services juridiques que la production d'électricité... Appel à chercheurs La Mairie de Paris a lancé le 5 mai un programme de soutien "Emergence(s)" à destination de jeunes chercheurs pour les soutenir financièrement pendant trois ans sur des projets plutôt pluridisciplinaires. Les détails sur www.recherche.paris.fr Petite phrase (nulle). "C'est l'histoire de la poule et l'oeuf. (Silence). Euh, je veux dire de l'oeuf et de la poule", aurait déclaré un peu confus un responsable des Opérateurs de téléphonie mobile lors du Grenelle des antennes (à propos de je ne sais plus quoi). *Brèves glanées ici ou là sans trop de vérification. Vendredi 15 Mai
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alasource
le ven 15 mai 2009 12:53 CEST
La question a surgit à la suite de la parution d'une étude relayée par Le Monde est critiquée par deux associations, Priartem et Agir pour l'environnement.
Un survol rapide de l'article du Monde du 3 avril nous apprend que le champ émis par une antenne présente un maximum a 280 mètres de la source. Etonnant, non ? Chacun sait que le champ diminue avec la distance (comme l'inverse de distance dans la plupart des cas) et donc est maximum au voisinage de l'antenne. D'où vient donc cette étrange conclusion ? L'équipe de Jean-François Viel du CHU de Besançon a mené une campagne de mesures inédite pour connaître l'exposition des personnes aux champs électromagnétiques radiofréquence essentiellement utilisée pour les télécommunications (radio, télé, téléphone portable ou sans fil, Wifi...). Elle a recruté 200 volontaires qu'elle a équipé d'un appareil sans écran mais qui enregistre le champ électrique pendant une journée (c'est aussi ce que Sciences et Avenir a fait avec en plus des mesures sur les basses fréquences 50 Hz). Les premiers résultats qu'elle a publiés ont été popularisé par Le Monde (et par Sciences et Avenir mais comme on est mensuel on est sorti après, snif, snif...). Il ressort qu'effectivement l'exposition maximale due aux antennes (l'appareil permet de faire la différence entre les ondes venant du téléphone et celles venant de l'antenne) est maximale à 280 mètres pour les volontaires "urbains" et à 1000 mètres pour ceux habitants en périphérie. Accessoirement, il ressort aussi que les antennes radio dépassent plus souvent le seuil de détection de l'appareil que les antennes relais. Mais, alors que c'est une information également polémique (car c'est un argument des opérateurs pour innocenter leurs antennes), Le Monde n'en parle pas... Les antennes de Besançon sont-elles folles ? En fait, ces résultats (qui n'ont pas surpris l'équipe) s'expliquent par la nature de l'émission d'une antenne. Contrairement à ce qu'on pense, une antenne n'émet pas identiquement dans toutes les directions. Horizontalement, on peut s'en douter car en fait une "antenne" est constituée de trois antennes (qui ressemblent à des boites plastiques rectangulaires plus hautes que larges). Chacun de ces blocs émet dans un angle horizontal de 120 degrés environ ; il en faut donc trois pour couvrir toute une zone. Verticalement les antennes sont aussi "directives" et émettent le maximum de leur puissance dans un certain cône faisant comme un pinceau directionnel. A une distance donnée, le champ varie ainsi avec l'altitude selon que l'on est plus ou moins dans le pinceau. Du coup au-dessous ou au-dessus de ce lobe principal, le champ peut être plus faible qu'au centre. En particulier (et en théorie, voire en pratique) juste sous l'antenne, l'émission est très faible. Du coup le champ reçu va dépendre non seulement de la distance mais aussi de l'altitude. Il sera maximum par exemple lorsque le "pinceau" touche le sol. C'est l'effet que l'équipe de Viel a observé... Ces résultats ont plutôt irrité les associations Priartem et Agir Pour l'Environnement dans un communiqué du 7 avril (dont le titre de ce billet reprend une phrase). Pour contester ce lien entre éloignement et exposition, elles ont recensé 500 mesures régulièrement mises en ligne par l'ANFR. Il ressort au premier abord que les conclusions sont inverses : - les expositions maximales sont plus nombreuses à cause des antennes relais qu'à cause de la radio - les expositions sont très fortes près des antennes et on n'observe pas de maximum à 280 mètres Mais ces deux études n'ont rien à voir entre elles. Jean-François Viel mesure une exposition d'une population représentative pendant 24 heures. L'ANFR mesure une exposition d'une population particulière (souvent des riverains des antennes justement car c'est à la demande de particuliers ou de municipalités qui suspectent des champs élevés). Les deux échantillons sont donc absolument différents. En outre ces mesures sont aussi très différentes. Viel a des mesures instantanées (sur 24 heures seulement) ; l'Anfr produit ses résultats selon un protocole qui, à partir de quelques mesures dans un lieu fait une extrapolation à une exposition maximale (tenant compte notamment du fait que les antennes émettent différemment selon la journée...) sur 24 heures. Les chiffres ne sont donc pas comparables. L'autre différence est que les objectifs sont différents. Viel se pose en épidémiologiste qui cherche à connaître une exposition moyenne par exemple afin de bien cerner les facteurs éventuellement cause d'effets sanitaires. Les associations s'intéressent aux "points noirs" donc aux riverains d'antennes dans le but de contraindre les opérateurs à baisser leurs émissions. Incontestablement, quand on voit les chiffres de l'Anfr, ces points noirs existent. Des champs ont été mesurés qui dépassent largement les 5 V/m, seuil de l'appareil enregistreur. Mais incontestablement aussi, nous ne vivons pas dans un bain d'ondes horrible (comme le montre en somme Viel). D'où un ultime désaccord : les associations se moquent des moyennes, pas les épidémiologistes. Pour résumer ce point, je livre cette phrase prononcée peu ou prou par le comédien Rufus lors d'un point presse plutôt hostile aux antennes : "Allez donc dire à quelqu'un qui vient de se prendre un coup de poing dans la figure, qu'il ne doit pas se plaindre car en moyenne il ne reçoit que des caresses"... Lundi 11 Mai
par
alasource
le lun 11 mai 2009 15:15 CEST
Une petite anecdote sur les relations entre ces deux disciplines.
En lisant la passionnante (mais pas très bien écrite) biographie de Nicolas Bourbaki, ce "génie des mathématiques qui n'a jamais existé" (par Amir D. Aczel chez JC Lattès), j'ai appris que le structuralisme de Claude Lévi-Strauss devait beaucoup au mathématicien André Weil (co-fondateur du groupe Bourbaki). Les deux scientifiques se sont rencontrés aux Etats-Unis en 1943 et Weil a rédigé un appendice au livre de Lévi-Strauss, Les structures de la parenté. Le mathématicien a apporté à l'anthropologue les outils pour se dépatouiller de ses structures familiales en utilisant la théorie des groupes. Comme cette collaboration avait l'air importante et surtout rare (entre deux disciplines a priori éloignées) je me suis dit qu'elle devait être bien connue (sauf de moi), voire exemplaire. Or en fin d'année dernière, le célèbre anthropologue a fêté ses cents ans ce qui fut l'occasion pour la presse de lui trousser quelques portraits. Une plongée dans les archives (via leur moteur de recherche pas toujours fiable) montre que ce contact heureux n'a pas ému les journalistes qui n'en parlent pas... (Sciences et Avenir, non plus !). Le hors-série de Pour la Science y fait allusion brièvement sans y prêter beaucoup d'importance. Heureusement, le web répare l'offense et le contact entre les deux scientifiques est signalé (sur le coup, j'avais douté...). Dans le livre on apprend aussi que le point commun entre Bourbaki et Lévi-Strauss, à savoir la recherche de "structures" et de "relations", trouve sa source dans des travaux de linguistes (Nikolai Troubetzkoy et Roman Jakobson) qui cherchaient à refonder leur discipline en partant de ces concepts. Inversement, l'auteur traque dans d'autres lieux l'apport de Bourbaki et cite la psychiatrie et le groupe littéraire l'Oulipo. En fait, je n'y connais rien en anthropologie mais je me demande s'il fallait des notions d'algèbre très poussées pour trouver ce que Lévi-Strauss a mis en évidence... Cette "mathématisation" pouvait faire chic et rigoureuse (ce qu'en d'autres endroits ont dénoncé Sokal et Bricmont) mais vu que plus personne ne s'en souvient, j'ai des doutes sur le succès de l'entreprise (vous me direz que Bourbaki, le structuralisme et compagnie sont moribonds...) ... Lundi 4 Mai
par
alasource
le lun 04 mai 2009 11:52 CEST
Le partage des antennes-relais, afin d'en limiter le nombre, est une solution qui a été évoquée au plus haut niveau par la secrétaire d'Etat chargée de la prospective, Nathalie Kosciusko-Morizet. Les opérateurs refusent cette idée pour des questions de concurrence (et de secret industriel). Ils font aussi valoir, à raison, que cela ne réduirait pas aussi fortement qu'on le pense le nombre d'antennes car celles-ci ne peuvent accueillir que 60 canaux environ en même temps. Une antenne ne pourrait donc pas rendre le même service que trois (une par opérateur). Autrement dit, mutualiser ne diminuerait pas le nombre d'antennes par trois. Mais le raisonnement vaut sans doute en ville et beaucoup moins à la campagne ou pour les zones peu denses... Cela suffit aux opérateurs pour rejeter le principe.
Pourtant cette position rigide souffre au moins une exception : le métro parisien ! En 2000, les opérateurs ont signé avec la Ratp un accord pour mutualiser les antennes. En effet, sur les quais (soit au milieu, au-dessus des voyageurs (!) ; soit au-dessus des rails en entrée de tunnel) on ne voit qu'un seul dispositif (appelé "pico antenne). En revanche, ce ne serait pas la cas pour les tronçons de RER gérés par la Sncf avec laquelle aucun accord n'existe. Espérons que la table ronde qui a commencé le 23 avril serve à "détendre" un peu les positions et que les opérateurs fassent quelques efforts et arrêtent de dire que "c'est impossible". En passant, ces antennes du métro sont quand même criticables car selon les mesures que nous avons effectuées (Lire Sciences et Avenir en kiosque !), elles "arrosent" pas mal, de 1 à 4 V/m selon les endroits. A mon avis, les SDF, les agents de sécurité et les conducteurs qui passent leur temps à proximité doivent avoir des expositions au-dessus de la moyenne de surface. Jeudi 30 Avril
par
alasource
le jeu 30 avr 2009 23:12 CEST
Critique d'un nouvel échec littéraire d'utiliser la science à des fins romanesques.
Après des tentatives décevantes en maths (ici et là), en biologie ou en physique, l'informatique a inspiré un thriller récent. Le roman a gardé son titre allemand, das System (pourquoi ?), et a été écrit par Karl Olsberg, un entrepreneur dans le domaine de l'informatique. La quatrième de couverture précise que c'est un best-seller en Allemagne et qu'une adaptation cinématographique est en cours. Pourquoi un tel succès !?! L'intrigue est plutôt mince. Une entreprise de logiciel a crée une intelligence artificielle distribuée sur le réseau internet et dont elle va perdre le contrôle. Le virus deviendra plus intelligent que ses créateurs dont elle souhaite la perte. Brrrrr. Je manque de culture mais ça m'étonnerait bien que ce soit une idée très originale (*). L'ensemble est assez scolaire. L'auteur enchaîne les scènes avec l'entrain d'un bon élève voulant impressionner son prof en n'omettant aucune des choses qu'il a apprises. Donc, un peu d'intelligence artificielle, de Turing, de logiciel distribué, de pare-feux et autres antivirus... Ajoutons un peu de business, de capital-risque et le côté obscur, hacker, pirates, informaticien autiste... Complétons par des policiers tantôt stupides, tantôt bien inspirés. Glissons aussi un soupçon de réflexions philosophiques sur ces machines qui comme le vivant peuvent évoluer. Surtout ne secouons pas afin que tout reste bien en place ! Le résultat est donc fade. Même les descriptions des pannes liées à l'informatique (forcément il y en a un paquet !) ne fait pas sourire : la circulation routière est perturbée ; les relevés de comptes bancaires sont erronés ; le trafic aérien perd la boule... Quelles idées ! Signalons tout de même deux petites idées originales. Le cerveau numérique malfaisant arrive à tuer l'un de ceux qui voulaient le détruire, en le secouant dans un ascenseur jusqu'à ce que mort s'en suive. La station spatiale ISS est aussi atteinte par le virus ; le bras mobile devenant fou et tuant l'un des occupants. Je passe aussi sur la conclusion qui relève du niveau zéro de la réflexion sur la technoscience... Cela ne mobilise donc pas trop le cerveau du lecteur qui peut donc penser à autre chose. Ce qui fut mon cas. Cette déception m'en rappela deux autres à propos d'informatique. D'une part, elle est un deus ex machina particulièrement facile à utiliser et les auteurs en abusent. D'autre part, les explications sont pédagogiquement largement insuffisantes et c'est dangereux ! Comme d'autres (par exemple le syndrome Copernic de Henri Loevenbruck ou Sous les vents de Neptune de Fred Vargas (pas sûr que ce soit celui-là en fait)), l'auteur part du principe que l'informatique peut tout. Le pauvre héros est ainsi toujours repéré par son téléphone, une caméra ou des micros. Le virus ne connaît aucune barrière : militaire, spatial, bancaire, télécommunication. Peu importe que les machines et les réseaux puissent être différents. Les mots de passe sont enfantins quand il faut ; incassables..quand il faut. L'antivirus est mis au point rapidement alors que la puissance du virus semble diabolique... Tout cela nuit au suspens car à tout moment, du chapeau peut sortir un petit démon informatique qui décoincera l'intrigue. Tout devient trop facile... En fait malgré son côté froid, technologique et logique, l'informatique romanesque devient une sorte de magie. Cela amène au second point qui concerne en fait la vulgarisation/pédagogie de l'informatique dans la presse (ou dans le roman mais l'on peut dire que l'auteur n'est pas là pour expliquer). Combien de fois n'a-t-on lu que les pirates étaient "passés" par l'imprimante, qu'un virus avait volé les numéros de cartes bancaires, que les défenses avaient été contournées... ? Ces images sont belles et permettent de décrire ce qui s'est passé mais pas de le comprendre. Or les virus ne sont que des petits bouts de code informatique, des instructions sans vie. Que se passe-t-il vraiment dans les machines et sur les réseaux ? Voilà des points qu'il faudrait éclaircir, au même niveau que les explications en biologie, physique ou maths. Pour avoir tenter de le faire et avoir un tantinet échoué (selon moi) (dans un article de juillet 2004), je mesure à quel point cela peut être compliqué. Or si l'on ne veut pas devenir dépendant des machines et/ou céder à la pensée magique, il va falloir faire plus d'efforts ! C'est une autre histoire mais c'est un peu pareil avec les téléphones portables. Des gens l'utilisent depuis dix ans, et, suite aux polémiques, ils n'apprennent que maintenant les notions de fréquences, champs électriques, rôle de la distance, échauffement par micronde... ("Ah, le wifi ça marche tout le temps ?" ; "Ah les odes passent pas sous terre ?", "Ah si j'enferme mon portable dans l'alu il ne marche plus ?") L'actuelle crise financière nous montre aussi à quel point une vulgarisation déficiente, cédant à la facilité peut être "dangereuse". Avant la crise, les commentateurs/vulgarisateurs (journalistes, donc) expliquaient les hauts et bas de l'économie comme relevant de forces "naturelles" et "évidentes". Ils usaient d'images empruntées à la météo ou à la gestion pépère d'un ménage ou au mariage/divorce... Ils laissaient de côté les normes comptables, les mécanismes de notation, les techniques de "levier", les modèles de risque... Et après la crise, panique !, ils découvrent qu'ils ignoraient la plupart de ce qu'ils croyaient avoir compris ; d'où les assauts de pédagogie des mois de crise de la fin 2008. Or, tout bon adhérent d'ATTAC ou lecteur d'Alternatives économiques (par exemple) connaissait ces rouages ô combien importants de la mécanique financière. Bref, s'il y avait moins de paresse, il y aurait peut être moins d'accidents. Si l'on continue à nous parler du web, de l'informatique, des ordinateurs comme à des enfants, nous courrons à la catastrophe... Une éducation à l'informatique s'impose, non pas pour apprendre aux gens à se servir de Word ou de Firefox, mais pour qu'ils comprennent ce qu'il y a derrière un réseau, un logiciel... C'est un argument supplémentaire pour les logiciels libres car : - étant ouverts ils aident à la compréhension - étant multiples, ils permettent de s'attacher à une fonction et non pas à un produit - ses promoteurs étant souvent "contestataires", ils ont l'esprit rebelle qui convient à la vigilance. (*)La proie de Michael Crichton est mieux réussie dans le style. Là, non seulement il y a une intelligence artificielle performante mais en plus elle se matérialise grâce aux nanotechnologies. C'est trop fort ! Lundi 27 Avril
par
alasource
le lun 27 avr 2009 15:42 CEST
Quelques chiffres reviennent régulièrement pour montrer l'impact des nouvelles technologies sur la consommation électrique (*). Petit décryptage.
Pour un article dans Sciences et Avenir j'ai dû me pencher sur quelques chiffres percutants : - un avatar dans Second Life consomme autant qu'un brésilien - télécharger un journal consomme autant qu'une machine à laver - le web émet autant de CO2 que le trafic aérien - et le fameux, deux requêtes sur Google suffisent à faire bouillir du thé. Aucun de ces chiffres n'est faux mais voyons d'où ils sortent. Le calcul de l'avatar a été fait par un blogueur Nicholas Carr en décembre 2006. Il a estimé le nombre de serveurs faisant fonctionner le monde virtuel (4000) et considéré que 12500 avatars (et donc autant de PC) vivaient à chaque instant dans ce monde. Il a ensuite comparé le total à la consommation annuelle d'un pays, en l'occurence le Brésil. Son estimation est sans doute sous-estimée car il prend 200 watt pour un serveur et 50 W de plus pour tenir compte de la climatisation alors que souvent c'est autant pour la clim' que pour la machine. Malheureusement nous n'avons pas eu de réponses de Seconde Life pour tenter de mettre à jour leur nombre de serveurs et de connections. Le cas du téléchargement est un exemple amusant. L'estimation a été révélée au printemps 2008 au Cebit d'Hannovre par Siegfried Behrendt de l'IZT (Institut für Zukunftsstudien und Technologiebewertung) et a été énormément reprise. En fait, elle datait un peu... De 2004, précisément ! L'auteur lui-même a jugé que c'était donc un peu périmé. D'autant qu'il avait fait son calcul en prenant une connection Internet avec modem. Son estimation actuelle serait plutôt que cela consomme autant qu'une ampoule basse consommation (10 W)... La comparaison avec les émissions du trafic aérien est révélatrice d'une tendance à vouloir ramener toutes les consommations en terme d'émissions de CO2. Je doute encore un peu que la population soit plus à l'aise avec ces grammes de CO2 qu'avec les euros (ou les francs !). Il me semble aussi que l'effet prix (sur les carburants par exemple) est pour l'instant plus efficace pour réduire la consommation que la prise de conscience sur l'avenir du climat. Mais bon, les modes sont ce qu'elles sont. Détaillons le calcul. Jonathan Koomey a estimé la consommation mondiale annuelle des serveurs informatiques à 123 milliards de kWh en 2005. Soit en gros 1 % de la consommation électrique mondiale. Si l'on ajoute les portables, les consommations individuelles... Gerhard Fettweis de la chaire Vodafone à l'université de Dresde estime (en 2008) qu'on serait proche de 3% de la consommation totale. Donc quelque chose vers les 500 milliards de kWh aujourd'hui. Reste à convertir les kwh en tonnes de CO2. Là arrive une autre hypothèse qui peut faire l'objet de discussions infinies. Tout dépend de la source prise pour fabriquer cette électricité. En général on prend 500 grammes par kWh (mais en France on serait plutôt à 100 grammes ; pour la pédagogie de cet exposé je n'y peux rien : c'est à cause/grâce aux centrales nucléaires). Au final, nous tombons donc sur une fourchette entre 61.5 et 250 millions de tonnes de CO2. Selon le site de Jean-Marc Jancovici, le trafic aérien représenterait 2 à 3% des émissions mondiales de CO2 et 1.5 fois celles de la France. Soit environ158 millions de tonnes. Au final, nous sommes donc bien dans la fourchette. Le cabinet de conseil, Gartner, avait popularisé ce résultat en avril 2007 (en prenant 2% de la consommation électrique mondiale pour le secteur informatique). Ce résultat est pervers car aussitôt des gens s'insurgent en disant qu'Internet peut faire économiser du CO2 grâce à la videoconférence... Je défends l'idée que réchauffement climatique ou pas, la modération énergétique est une bonne chose (ne serait-ce que pour le pouvoir d'achat). Elle oblige à s'interroger sur les techniques et leur utilisation. Elle contraint aussi les fabricants à faire des efforts. On peut rêver... Enfin, le cas Google. Sur le site de Sciences et Avenir j'ai déjà dit l'essentiel. Terra economica est revenue sur ce calcul aussi et trouve bien le même ordre de grandeur. En conclusion, je signale une conclusion qui invite à faire réfléchir (et que j'ai lu dans un article en annexe de la thèse de Laetitia Souchon-Foll et son directeur de thèse Fabrice Flipo). Les nouvelles technologies de la communication ont une autre face cachée : celle de la demande en énergie. A l'avenir il faudra peut être prendre en considération dans le développement de l'information les questions énergétiques ; ce qui n'était pas évident. En particuliers, les pays en voie de développement qui comptent beaucoup sur ces nouveaux outils pourraient se voir bloqués pour des questions d'accès à l'énergie ! (*)Je recommande l'excellent site d'actualités sur le sujet, http://www.greenit.fr/ |
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