Quelques chiffres reviennent régulièrement pour montrer l'impact des nouvelles technologies sur la consommation électrique (*). Petit décryptage.
Pour un article dans Sciences et Avenir j'ai dû me pencher sur quelques chiffres percutants :
- un avatar dans Second Life consomme autant qu'un brésilien
- télécharger un journal consomme autant qu'une machine à laver
- le web émet autant de CO2 que le trafic aérien
- et le fameux, deux requêtes sur Google suffisent à faire bouillir du thé.
Aucun de ces chiffres n'est faux mais voyons d'où ils sortent.
Le calcul de l'avatar a été fait par un blogueur Nicholas Carr en décembre 2006. Il a estimé le nombre de serveurs faisant fonctionner le monde virtuel (4000) et considéré que 12500 avatars (et donc autant de PC) vivaient à chaque instant dans ce monde. Il a ensuite comparé le total à la consommation annuelle d'un pays, en l'occurence le Brésil. Son estimation est sans doute sous-estimée car il prend 200 watt pour un serveur et 50 W de plus pour tenir compte de la climatisation alors que souvent c'est autant pour la clim' que pour la machine. Malheureusement nous n'avons pas eu de réponses de Seconde Life pour tenter de mettre à jour leur nombre de serveurs et de connections.
Le cas du téléchargement est un exemple amusant. L'estimation a été révélée au printemps 2008 au Cebit d'Hannovre par Siegfried Behrendt de l'IZT (Institut für Zukunftsstudien und Technologiebewertung) et a été énormément reprise. En fait, elle datait un peu... De 2004, précisément ! L'auteur lui-même a jugé que c'était donc un peu périmé. D'autant qu'il avait fait son calcul en prenant une connection Internet avec modem. Son estimation actuelle serait plutôt que cela consomme autant qu'une ampoule basse consommation (10 W)...
La comparaison avec les émissions du trafic aérien est révélatrice d'une tendance à vouloir ramener toutes les consommations en terme d'émissions de CO2. Je doute encore un peu que la population soit plus à l'aise avec ces grammes de CO2 qu'avec les euros (ou les francs !). Il me semble aussi que l'effet prix (sur les carburants par exemple) est pour l'instant plus efficace pour réduire la consommation que la prise de conscience sur l'avenir du climat.
Mais bon, les modes sont ce qu'elles sont. Détaillons le calcul.
Jonathan Koomey a estimé la consommation mondiale annuelle des serveurs informatiques à 123 milliards de kWh en 2005. Soit en gros 1 % de la consommation électrique mondiale. Si l'on ajoute les portables, les consommations individuelles... Gerhard Fettweis de la chaire Vodafone à l'université de Dresde estime (en 2008) qu'on serait proche de 3% de la consommation totale. Donc quelque chose vers les 500 milliards de kWh aujourd'hui.
Reste à convertir les kwh en tonnes de CO2. Là arrive une autre hypothèse qui peut faire l'objet de discussions infinies. Tout dépend de la source prise pour fabriquer cette électricité. En général on prend 500 grammes par kWh (mais en France on serait plutôt à 100 grammes ; pour la pédagogie de cet exposé je n'y peux rien : c'est à cause/grâce aux centrales nucléaires). Au final, nous tombons donc sur une fourchette entre 61.5 et 250 millions de tonnes de CO2. Selon le site de Jean-Marc Jancovici, le trafic aérien représenterait 2 à 3% des émissions mondiales de CO2 et 1.5 fois celles de la France. Soit environ158 millions de tonnes.
Au final, nous sommes donc bien dans la fourchette. Le cabinet de conseil, Gartner, avait popularisé ce résultat en avril 2007 (en prenant 2% de la consommation électrique mondiale pour le secteur informatique).
Ce résultat est pervers car aussitôt des gens s'insurgent en disant qu'Internet peut faire économiser du CO2 grâce à la videoconférence...
Je défends l'idée que réchauffement climatique ou pas, la modération énergétique est une bonne chose (ne serait-ce que pour le pouvoir d'achat). Elle oblige à s'interroger sur les techniques et leur utilisation. Elle contraint aussi les fabricants à faire des efforts. On peut rêver...
Enfin, le cas Google. Sur le site de Sciences et Avenir j'ai déjà dit l'essentiel. Terra economica est revenue sur ce calcul aussi et trouve bien le même ordre de grandeur.
En conclusion, je signale une conclusion qui invite à faire réfléchir (et que j'ai lu dans un article en annexe de la thèse de Laetitia Souchon-Foll et son directeur de thèse Fabrice Flipo). Les nouvelles technologies de la communication ont une autre face cachée : celle de la demande en énergie. A l'avenir il faudra peut être prendre en considération dans le développement de l'information les questions énergétiques ; ce qui n'était pas évident. En particuliers, les pays en voie de développement qui comptent beaucoup sur ces nouveaux outils pourraient se voir bloqués pour des questions d'accès à l'énergie !
(*)Je recommande l'excellent site d'actualités sur le sujet, http://www.greenit.fr/
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Lundi 27 Avril
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le lun 27 avr 2009 15:42 CEST
Vendredi 24 Avril
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le ven 24 avr 2009 09:44 CEST
Téléphoner avec un portable trente seconde expose autant que rester vingt-quatre heure près d'une antenne relais.
C'est peu ou prou ce que l'Académie de médecine a écrit en mars en réaction à trois jugements demandant soit le démontage d'antennes, soit l'interdiction de leur implantation. Voici comment elle est arrivé à cette comparaison ( ce qui n'est pas expliqué dans notre numéro spécial sur les ondes actuellement en kiosque ! Pub !). Première hypothèse, le champ électrique rayonné par l'antenne est de 1 V/m. Evidemment cela n'est pas toujours le cas mais c'est plus que les 0.6 V/m exigé par les associations et moins que ce que demande la charte de bonne conduite de la mairie de Paris (2 V/m). L'hypothèse est donc réaliste. Ensuite une petite formule d'électromagnétisme permet d'en déduire une puissance rayonnée par unité de surface, ce qui donne 0.00265 W/m2. Sachant (?) qu'une demi-tête fait 0.028 m2, cela donne une puissance reçue de 0.074 mW. Deuxième hypothèse, que je n'ai pu vérifiée : 40% de cette énergie est absorbée par la tête (mais c'est sur le site de Bouygues Telecom donc on peut être confiant (!)). Ce qui nous fait donc 0.03 mW de puissance absorbée dans la tête via l'émission d'une antenne. Reste à évaluer la puissance absorbée par la tête venant du téléphone lui-même. L'estimation de l'Académie de médecine est basée sur le chiffre de 100 mW (ce n'est pas dans le communiqué mais c'est ce qu'ils m'ont expliqué). Cette puissance dépend en fait des combinés et plus particulièrement du fameux Débit d'absorption spécifique (DAS) qui s'exprime en W/kg. Le niveau réglementaire à ne pas dépasser est de 2 W/kg et souvent les téléphones font moins de 1 W/kg. Je ne sais pas combien pèse une tête, mais si l'on prend pour hypothèse 3.5 kilogrammes, cela fait 3.5 W, soit 35 fois l'estimation de l'Académie de médecine. Mais celle-ci m'explique qu'en réalité les puissances sont plutôt de l'ordre de 0.03 W/kg, ce qui ferait donc bien 100 mW. Finalement, le rapport entre la puissance reçue par le téléphone (100 mW) et celle reçue par une antenne (0.03 mW) est de 3333. Or dans 24 heures il y a 24*60*2 tranches de 30 secondes, soit à peu près 3000. D'où la comparaison entre 30 secondes de portable et 24 heures d'antennes. Cqfd. Lundi 6 Avril
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le lun 06 avr 2009 14:46 CEST
Selon une étude suisse d'un laboratoire spécialisé sur l'environnement, les tirs déclencheurs d'avalanches perturbent la faune locale qui hiberne. Au printemps, les animaux se réveilleraient les yeux cernés.
"Même s'il n'y a pas de siège de la conscience, c'est important de le trouver", résume Stanislas D., neurobiologiste, dont l'équipe vient de faire une percée dans la compréhension de la conscience. David S., fabricant de cape d'invisibilité, a encore perdu sa clé de voiture, vraisemblablement cachée sous sa dernière invention. "Notre parapluie a été dessiné pour résister à des vents de 100 kilomètres/heure mais nous ne pensions pas que le gens s'envoleraient", conclut penaud, Paul B., inventeur d'un parapluie révolutionnaire. Le nouveau microscope surpuissant du Cnrs est encore insuffisant pour mesurer le triste état du budget de l'organisme. (*) Textes courts, à parution irrégulière, librement inspirés de l'actualité scientifique. Mercredi 25 Mars
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le mer 25 mar 2009 22:01 CET
La fameuse Aeres (Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur) a été pacifiquement envahie par une quarantaine de chercheurs, enseignants-chercheurs et étudiants mercredi 18 mars. Récit*.
Ils n'étaient pas invités mais n'ont pas eu à forcer la porte. Ils ont simplement profité de l'entrée d'un employé pour rentrer et laisser la porte ouverte aux suivant. « Ils », désigne des « chercheurs, enseignants-chercheurs, étudiants, des gens » comme l'indique un tract. Ils profitent du climat de contestation dans les universités et les laboratoires pour s'en prendre à un des symboles de la nouvelle politique de recherche mise en place depuis 2005-2006, l'Aeres. Cette agence est apparue pour évaluer les universités, les organismes de recherche et les unités de recherche. Et visiblement ça ne passe pas. Non pas que le principe de l'évaluation soit refusé, mais parce que cette évaluation ajoute de la « bureaucratie », qu'elle participe de la « mise en concurrence » entre tous les acteurs, et qu'elle incarne un mode de « managment » étranger au monde académique. Les manifestants avaient donc l'intention d'en débattre au coeur même du dispositif. Ils ont refusé un rendez-vous en délégation au profit d'une confrontation large et directe dans le hall d'accueil. Quelques vaillants représentants de l'Aeres (le président était absent) répondent donc debout aux questions. Les quelques fauteuils sont vite occupés. C'est un peu un dialogue de sourds. « Ils remettent en cause notre existence même. C'est donc difficile de discuter », m'explique une responsable de l'Agence. « Sur beaucoup d'autres revendications (moyens, autonomie...) nous ne pouvons rien », poursuit-elle. Les mots utilisés par l'Agence irritent particulièrement. Il est question d'assurance qualité, de managment de la qualité, de mesure de performance, de logique de résultats, d'optimisation de l'argent public... Ce vocabulaire est étranger au monde académique et trahit le véritable sens des réformes : pilotage accru du système, mise en concurrence généralisée... Mais comme cela n'est écrit nul part les employés de l'Aeres ne comprennent pas. Ils font juste leur travail : « l'évaluation est une chance. Avant la situation n'était pas équitable », a-t-on entendu. « Nous essayons d'améliorer notre méthodologie », a ajouté un autre. Les manifestants goûtent assez peu aussi le fait que les évaluateurs soient nommés (et non pas élus par leurs pairs). Le mot de « soviétisme » revient de temps en temps. En défense l'Agence rétorque que ses membres sont en délégation de leurs universités et que donc ils appartiennent à la communauté. Sans doute cette « complicité » ou complaisance des acteurs à soutenir un système qui peut causer leur perte explique-t-elle le succès des réformes. Le papillon dans le bocal aime à croire qu'il pourra renverser sa cage. C'est en substance ce que rappelait un peu plus tôt Michel Saint-Jean de Sauvons la recherche à un autre happening, cette fois au laboratoire de mathématiques de Paris 7 (c'était une journée de débats/informations sur les réformes en cours). Enfin, la méthode d'évaluation a aussi été critiquée. Pour les contestataires elle repose trop sur la bibliométrie et autres indices quantitatifs (lire cet article de Sciences et Avenir). Autre débat impossible : on m'a juré que la bibliométrie n'était qu'un critère parmi d'autres... Pendant qu'un manifestant concluait la matinée à la clarinette, le cabinet de Valérie Pécresse appelait, affolé, pour savoir si tout allait bien... *Je sais c'était il y a une semaine... Si j'avais eu le temps j'aurais dû raconter ça sur notre site d'actualités...(un peu différemment tout de même ; cf l'avertissement de ce blog) Dimanche 8 Mars
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le dim 08 mar 2009 18:11 CET
A deux mois d'intervalles, les deux leader de la vulgarisation scientifique, Science et Vie et Sciences et Avenir, ont faire leur couverture sur la mécanique quantique (respectivement février 2009 et décembre 2008). Revue de détail, critique et autocritique (!).
Disons-le tout net, avantage à Sciences et Avenir...car vous pouvez encore lire l'article en ligne (ici) ! Plus sérieusement, ces deux dossiers sont en fait complémentaires et méritent tous deux la lecture. Cette coïncidence n'est pas la première. Il y a quelques mois, c'était l'accélérateur de particules LHC qui faisait la Une des deux magazines avec là encore une belle complémentarité. Il est sans doute satisfaisant de voir que la science permet une telle variété de regards. Les différences entre les deux dossiers (qui ont le même nombre de pages !) se déduisent en fait de la tonalité des couvertures. Comme quoi, le contenu correspond à ce qui est annoncé ! La première différence qui saute donc aux yeux est l'appel à des ressorts d'achat distincts. Science et Vie joue sur le "fantasme" : la mécanique quantique rend fou. Sciences et Avenir joue sur la "révolution" : vous allez voir ce que vous allez voir. Bien entendu, ces deux notions sont tout aussi réductrices voire fausses. Une révolution ne se décrète pas et la mécanique quantique marche très bien et est utilisée par tout un tas de chercheurs qui ne sont pas à l'asile. Fort heureusement, ces messages percutants de couverture sont bien plus subtilement traités à l'intérieur. La seconde différence découle de la première. L'article de Sciences et Avenir insiste sur l'actualité scientifique (nouvelles découvertes, nouveaux débats, nouvelles applications) tandis que celui de Science et Vie paraît plus intemporel. Les fameuses interprétations de la mécanique quantique ne datent pas d'aujourd'hui... L'article principal peut se lire comme une introduction très pédagogiques aux bizarreries quantiques (bien connues maintenant depuis des années). Une troisième conséquence suit. Science et Vie véhicule une vision philosophique de la science. Sciences et Avenir est plus préoccupé par les applications même si dans le détail nous voyons qu'elles sont loin. En ces temps troublés autour de la politique de recherche, cette vision utilitariste ne manquera peut être pas d'agacer... Rappelons la tarte à la crème de l'histoire du laser pour s'amender. Pour l'anecdote, signalons au moins trois points communs : l'expérience de Serge Haroche, celle de Nicolas Gisin et les idées d'Alexei Grinbaum se retrouvent dans les deux dossiers. Ce n'est pas un hasard tant ces chercheurs sont incontournables. Notons qu'en quantité de chercheurs cités, Sciences et Avenir arrive largement en tête : en gros 30 à 15 (en comptant dans les deux cas, les têtes chenues, Einstein, Heisenberg and co....). Ceci est dû largement à l'aspect catalogue d'actualités de l'article de Sciences et Avenir et à sa conclusion par une triple interview !(*). Une question délicate que je ne peux trancher (car trop impliqué) est le niveau de lecture. Quel article est le plus "facile" à lire ? La réponse n'est pas évidente mais la nature du sujet la complique un peu. Ce sont des sujets par essence "durs" qui peuvent être lus par un public "motivé" qui du coup connaît déjà pas mal de choses. Donc il faut aussi apporter des informations neuves à ces lecteurs, qui échapperont alors à des courageux plus profanes. Terrible dilemme. Les commentaires (publiques ou non (via mon email)) de lecteurs sont les bienvenus ! Pour finir, notons "l'exploit" de Science et Vie : réussir à parler de mécanique quantique sans parler de paradoxe EPR, de cryptographie et d'ordinateurs quantiques ! Chapeau... (*)Le secret est aussi que, présent à une conférence sur la mécanique quantique, j'ai pu en trois jours attraper la fine fleur mondiale du sujet... Jeudi 5 Mars
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le jeu 05 mar 2009 10:32 CET
La mairie de Paris a lancé le 2 mars une conférence de citoyens* sur "ondes électromagnétiques, santé, société" dont les délibérés seront connus en juin. Le lancement a incidemment révélé l'inconscient de nos élus.
Anne Hidalgo, adjointe du maire de Paris, a le sourire. "Une nouvelle fois Paris est pionnière avec cette initiative. Elle l'était déjà avec une charte "antennes-relais"". Bravo. Mais aussitôt le champ du débat se rétrécit. Il ne s'agirait pas que les questions sanitaires fassent oublier la "modernité". L'élue précise donc, "l'ouverture au monde est identitaire à Paris. Les nouvelles technologies ont leur place". Cette petite remarque est tout de même curieuse. Pourquoi les pouvoirs publics devraient donner des gages aux industriels de la communication et les rassurer... L'inconscient d'un autre élu parle alors. "Il s'agit de lutter contre l'ignorance et la méconnaissance. La suspicion vient trop souvent polluer les débats". Evidemment personne n'est visé mais entre les citoyens et les fournisseurs de service (voire les pouvoirs publiques), d'après vous à qui s'adresse ces accusations "d'irrationalité"** ? Heureusement, son collègue de la majorité mais Vert, rétablit l'équilibre. "Nous ne voulons pas non plus de dogmatisme". Cette fois à qui pense-t-il ? L'air de rien, en quelques minutes le décor est planté. Il n'est pas question de s'interroger sur le "sens" du progrès. Les opérateurs incarnent l'idéologie ; les usagers sont des foules ignorantes. En résumé, et en langage plus technocratique, cela donne cette autre phrase entendue pendant ce point presse : "faire cohabiter principe de précaution et modernité". Sous couvert de neutralité des débats, on voit immédiatement que les enjeux sont biaisés par les organisateurs eux-mêmes. Autre révélation inconsciente. Un confrère demande ce qui sera fait des recommandations du panel et en particulier que fera la Mairie si par exemple les citoyens demandent l'arrêt du Wifi dans les bibliothèques ? "Nous ne pouvons présager de leurs idées mais ils ne demanderont pas l'arrêt du Wifi", répond un autre adjoint. Tout est dit. Les élus attendent des solutions équilibrées ; ils n'imaginent pas de positions "extrêmes". Pourtant sans même évoquer des problèmes de santé, des câbles peuvent par exemple très bien remplacer le Wifi dans les bibliothèques (et en plus à plus haut débit !). L'une des membres du comité scientifique enfoncera le clou sur la tête des élus, "vous devez vous attendre à ce que les recommandations ne soient pas celles que vous attendez !". Un instant en effet, on s'est demandé à quoi ce machin allait servir... D'autant qu'un autre détail peut surprendre. Paris-la-pionnière doit réviser sa fameuse charte sur les antennes-relais. Or les discussions ont déjà commencé. N'aurait-il pas été plus sage d'attendre les recommandations des citoyens, voire de leur demander carrément leur avis (!) avant de lancer le processus ? A quoi bon débattre de choses déjà ficellées ? (*)Une vingtaine de parisiens se retrouveront d'avril à juin pendant trois week-end pour se former à ce sujet, écouter et inviter des experts, puis faire des recommandations. (**)A propos d'ignorance je crois bien avoir entendu ce même élu dire que "les câbles coaxiaux et les fibres optiques" rayonnent aussi... (c'était pour dire que si on se met à tout étudier, on n'a pas fini) Vendredi 27 Février
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le ven 27 fév 2009 09:55 CET
Quelques petits exemples, véridiques, de scientifiques aux noms prédestinés (savamment appelés aptonymes (merci Enro !). Pour rire un peu*. Toute nouvelle proposition est bienvenue.
Catherine Rameau, biologiste végétale spécialiste de la ramification Marc Dufumier, professeur d'agriculture comparée Henri Caussinus, mathématicien, spécialiste de statistiques Miriam Liedvogel s'occupe du sens de l'orientation des oiseaux Jocelyne Porcher de l’Inra, a écrit « Une vie de cochon ». Monsieur Poisson travaille sur la truite Mme Winter s’occupe de la météo sur la base spatiale de Cap Canaverale *Ces noms, venus d'un peu partout, sont compilés par une collègue et publiés avec son autorisation. D'autres ont été fournis par des lecteurs de ce blog (merci !). Mardi 24 Février
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le mar 24 fév 2009 11:23 CET
Quatre livres reviennent sur les raisons de la catastrophe de l'usine toulousaine. Lequel choisir ?
Que s'est-il donc passé le 21 septembre 2001 dans le hangar 221 de l'usine chimique AZF ? Alors que le procès vient de commencer quatre livres* réfutent le scénario retenu par les experts judiciaires avec les mêmes arguments physico-chimiques. Ce qui est pratique pour résumer leur point de vue (et ce qui sera jugé suspect par les experts attaqués...) En substance, le nitrate d'ammonium (qui sert notamment pour des engrais) n'explose pas facilement. Incendies, détonations, milieux confinés, ou mélange avec du fuel sont nécessaires si l'on en croit les autres épisodes historiques catastrophiques ou terroristes. Le scénario retenu apparaît donc aux auteurs assez improbable. Il fait appel à un "sandwich" chimique : une couche de nitrate d'ammonium assez humide ; un peu de dérivé chloré (qui sert dans les piscines pour désinfecter et qui est aussi fabriqué à AZF) ; puis à nouveau un peu de nitrate d'ammonium. Mais tout ne doit pas être versé en même temps... Or selon tous ces auteurs, les produits étaient plutôt secs et l'enquête n'a pas démontré que dérivé chloré et nitrate ont pu se retrouver mélanger ensemble. Enfin, l'explosion aurait eu lieu à une extrémité du hangar alors que le tas semble avoir détonné plus au centre... Sans compter que tous les essais menés par les experts n'ont pas toujours été aussi explosifs. Conclusion unanime de ces livres : il s'est passé autre chose. Alors à chacun, sa propre version. Dissy évoque le double effet d'une surpression de canalisation d'eau sous le tas du hangar et d'un court-circuit électrique. Pour Hériot et Tirat un phénomène chimique d'"explosion de vapeur non confinée" serait à l'origine de l'explosion. Un gaz serait parti de l'usine voisine de la Snpe de l'autre côté de la rivière pour se retrouver dans une cheminée d'AZF qui explosera et par effet domino fera sauter le hangar lui aussi pollué par le premier gaz (je vous rassure c'est mieux expliqué dans le livre). Pour d'Alessandro un court-circuit malheureux (et un défaut sur un transformateur) serait la cause. Mennessier ne propose pas vraiment d'alternative mais réfute les propositions de ces confrères. Il est le seul à contester qu'il y ait eu deux explosions, ce qui est nécessaire pour les autres scénarios... Il s'en remet pour cela à des reconstitutions sismiques et électriques conduites pour l'enquête. Mais comme il s'est par ailleurs moqué de ce genre de reconstitutions pour la partie "chimique", cela laisse un peu de marge d'interprétations à ces "adversaires". Evidemment, pour le lecteur non spécialiste, les démonstrations ont l'air tout autant sérieuses(ma préférence va à la thèse de D'Alessandro si on applique les préceptes du rasoir d'Ockham...). On rêverait d'une confrontation entre ces cinq auteurs qui se balanceraient formules mathématiques, tracé sismographique, relevés électriques, photos... ! Pointons tout de même un autre point commun et négatif de ces ouvrages. Ils peinent tous à mesurer les conséquences de leur scénario. Volontaire ou non l'explosion cache des intérêts : malveillance de qui ? erreur de qui ? Les auteurs sont assez peu prolixes sur Total, la Snpe ou "l'Etat" (si ce n'est pour dire qu'"on" nous cache quelque chose). Ils évoquent (pas tous) des hélicoptères, des missiles, des gens louches... sans vraiment aller jusqu'au bout de leur raisonnement. L'impression finale est donc à chaque fois plutôt désagréable. Pour conclure, quelques remarques rapides sur les particularités de chacun. Le plus précis et documenté est celui de Hériot et Tirat. Jusqu'à l'indigestion, le lecteur découvrira des témoignages sur le contexte "terroriste", sur la double explosion, sur le déroulé des essais des experts... C'est parfois un peu trop. Leur "nuage" fait un peu deus ex machina aussi. Le plus romanesque est celui de D'Alessandro(**). Normal, c'est un journaliste de documentaire télé. L'avantage est que son texte est le plus fluide ; le défaut est que c'est un peu larmoyant. Son hypothèse est la plus simple et il semble avoir des éléments que les autres (sauf Dissy ?) n'avaient pas sur le réseau électrique. Malheureusement, les explications techniques finales sont peu claires. Le plus malin est celui de Dissy car en annexe on a les plans qui manquent dans les autres pour repérer les deux usines, les lignes électriques, la configuration du sas... L'écriture est cependant la moins enlevée des quatre avec quelques répétitions et une construction pas évidente à suivre. Le dernier est, en un sens, le meilleur. Aussi efficace que les autres sur la réfutation de la thèse officielle, ou sur les critiques de l'enquête, son défaut est de ne pas proposer d'alternative... Il reconnaît aussi que tout un tas de trucs bizarres se sont passés avant l'explosion. Mais le lecteur ne saura pas à quoi les rattacher. En outre, sans le dire explicitement, c'est sans doute celui qui croit le plus à l'attentat. Ce qui lui a valu quelques soucis avec ses confrères et ce qui vaut quelques pages assez percutantes en forme de règlement de compte ! *Un silence d’Etat, Marc Mennessier, Seuil, 275 pages, 20 euros L’enquête assassinée, Franck Hériot et Jean-Christian Tirat, Plon, 305 pages,22 euros Une vérité foudroyante, Guillaume d'Alessandro, Jean-Claude Gawsewitch, 205 pages, 16,90 euros AZF l’enquête secrète, Daniel Dissy, 226 pages, 19 euros **J'ai travaillé avec ce journaliste pour un article sur l'uranium appauvri il y a plus de six ans. Et c'est tout. Vendredi 13 Février
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alasource
le ven 13 fév 2009 09:52 CET
Parodie de soutenance de thèse
Les universitaires de Grenoble proposent un joli sketch moqueur pour dénoncer les réformes en cours dans leur domaine : http://www.youtube.com/watch?v=icnV6T9z3cI&feature=related Plus sérieusement des présidents d'universités ont lancé un appel solennel : http://www.dailymotion.com/Mediapart/video/x8bnol_appel-de-la-sorbonne_news Match Google/Gallica Un juriste a comparé deux sites de consultations de livres en ligne, Google et Gallica 2 (le système de la BNF). Le résultat, après évaluation de l'ergonomie, de la reconnaissance de caractères, des notices... est une victoire du système français ! Moins de cours magistraux au MIT Petit article sur un signe des temps. Le MIT abandonne ses cours en amphi pour plusieurs centaines d'étudiants au profit de petites classes bien équipées informatiquement, favorisant collaboration et interactivité (c'est pas synonyme ?) Record d'IBM 4186 brevets pour Big Blue en 2008 (en une seule année), selon son service de presse. Ce serait la première fois qu'une entreprise dépose plus de 4000 brevets aux Etats-Unis. Dans son domaine, le géant informatique bat ses concurrents avec deux fois plus de brevets que Microsoft et trois fois plus que HP. Ca fait seize ans que l'hégémonie d'IBM dure... Petite phrase "Y a de l'éthique chez nous", m'explique un chimiste, non pas à propos de ses produits mais à propos de son activité. "Certains scientifiques avancent trop vite et exagèrent leurs revendications. Ca fait du mal à la science". *Brèves glanées ici ou là sans trop de vérification. Mercredi 4 Février
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alasource
le mer 04 fév 2009 11:01 CET
Les conférences de presse fournissent parfois des informations inattendues.
C'est la crise. La France a peur. Ses chefs lancent des plans de relance. Même le ministère de la recherche est concerné. Le 3 février, il a donc révélé son plan. Et sur quoi vont pleuvoir les millions annoncés ? La sécurité et la Défense ! Et oui, sur les 220 millions supplémentaires pour des plans de recherche spécifiques, la moitié ira aux "technologies de Défense" ! (le slide ministériel précise exactement "pour "booster" la recherche sur les technologies de Défense"). Quelle époque... Quant aux 398 millions supplémentaires pour l'université une bonne partie ira à "la mise en sécurité" des campus. Certes il s'agit moins de planter des caméras de surveillance partout que d'éviter qu'une cage d'ascenseur ne tombe sur un étudiant ou qu'un mur ne s'effondre, mais cela en dit long sur l'état des universités... Et sur la prise de conscience un peu tardive par nos responsables politiques. Autres enseignements rapides : -les crédits pleuvent aujourd'hui mais pas forcément demain. Une bonne partie des mesures sont en fait des financement prévus sur plusieurs années qui sont "simplement" anticipés (crédit impôt recherche remboursé en un an au lieu de trois ; contrat plan Etat région anticipé...). La novlangue gouvernementale parle "d'accélération". Certes ces crédits feront du bien (au BTP au moins) mais dans trois-cinq ans, est-ce que le gouvernement ne sera pas enclin à dire que tout a déjà été versé ? -le crédit impôt recherche profite aux plus gros. Le remboursement anticipé (3.8 milliards d'euros !) bénéficiera à 5000 entreprises dont 90% de PME, selon les estimations du ministère. Mais en volume, ces PME ne récupèrent "que" 35% (chiffres communiqués après le point presse). Bref, 90% des bénéficiaires se partagent 35% quand 10% des bénéficiaires auront 65% du gâteau... -un plan de relance doit en jeter : 6 écrans LCD de plus de 72 cm de diagonale, une présentation powerpoint, pour une vingtaine de journalistes... -Après la loi qui est votée après être appliquée (cf l'audiovisuel), voici la loi qui a besoin de décrets, qui eux mêmes ont besoins d'une "charte"... Le décret changeant les statuts des enseignants chercheurs étant contesté, Valérie P. a décidé de l'assortir d'un mode d'emploi pour "rassurer" les personnels. Ne vaudrait-il pas mieux retirer ces décrets et les réécrire ? -Je n'ai pas eu le temps de poser une question : pourquoi attendre la crise pour se rendre compte que les amphis, les bibliothèques, les bâtiments, les chambres sont mal en point ? |
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